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Dimanche 8 novembre 2009
Voici un choix de quelques poèmes écrits en prose par Francis Ponge et publiés dans le recueil au titre éloquent Le Parti Pris des choses  (1942) : ils conjuguent avec une grande virtuosité poésie, sensations et émotions.

Le Pain

La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.

 

Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.

 

Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…

 

Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.


L'Huître

 

L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.

 

À l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en-dessus s'affaissent sur les cieux d'en-dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.

Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.



L'Orange

 

Comme dans l’éponge il y a dans l’orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l’épreuve de l’expression. Mais où l’éponge réussit toujours, l’orange jamais : car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l’écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d’ambre s’est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, - mais souvent aussi de la conscience amère d’une expulsion prématurée de pépins.

 

Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l’oppression ? – L’éponge n’est que muscle et se remplit de vent, d’eau propre où d’eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L’orange a meilleur goût, mais elle est trop passive, - et ce sacrifice odorant…c’est faire à l’oppresseur trop bon compte vraiment.

 

Mais ce n’est pas assez avoir dit de l’orange que d’avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l’air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l’accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte qui en résulte, et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s’ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l’ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l’avant - bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.

 

Et l’on demeure au reste sans paroles pour avouer l’admiration que mérite l’enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon – buvard humide dont l’épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.

 

Mais à la fin d’une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, - il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d’un minuscule citron, offre à l’extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l’intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C’est en lui que se retrouvent, après l’explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, - la dureté relative et la verdeur (non d’ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille : somme toute petite quoique avec certitude la raison d’être du fruit.

 

Les mûres


Aux buissons typographiques constitués par le poème sur une route qui ne mène hors des choses ni à l’esprit, certains fruits sont formés d’une agglomération de sphères qu’une goutte d’encre remplit.

  

Noirs, roses et kakis ensemble sur la grappe, ils offrent plutôt le spectacle d’une famille rogue à ses âges divers, qu’une tentation très vive à la cueillette.

Vue la disproportion des pépins à la pulpe les oiseaux les apprécient peu, si peu de chose au fond leur reste quand du bec à l’anus ils en sont traversés.

 

Mais le poète au cours de sa promenade professionnelle, en prend de la graine à raison :

« Ainsi donc, se dit-il, réussissent en grand nombre les efforts patients d’une fleur très fragile quoique par un rébarbatif enchevêtrement de ronces défendue. Sans beaucoup d’autres qualités, - mûres, parfaitement elles sont mûres – comme aussi ce poème est fait. »

- Par Etlire - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 mai 2009
C'est l'histoire de Vatanen, un jeune journaliste d'Helsinki qui, un jour, revenant de campagne,  heurta en voiture un lièvre.  Vatanen descendit donc de sa voiture pour voir le lièvre et le soigna, mais au lieu de retourner dans sa voiture où l'attendait son collègue photographe, Vatanen s'enfonça dans la forêt. Il commenca à s'attacher vraiment à ce lièvre et parcourut la Finlande avec lui.
Ils vécurent beaucoup d'histoires, des plus heureuses aux plus dangereuses ...
Vatanen et le lièvre connurent également la prison en guise de récompense pour toutes les illégalités qu'ils avaient commises, mais ils n'y restèrent que peu de temps car Vatanen et le lièvre s'évadèrent, les gardiens de prison étant restés comme paralysés pendant les quelques instants de leur fuite derrière leurs mitraillettes et leurs harpons ...

C'est un livre très intéressant, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. On ne s'en lasse à aucun moment.

Ce livre fait partie des nouvelles acquisitions du CDI du Centre. Roman humoristique et écologique, ce livre des devenu culte dans les pays nordiques depuis sa publication en 1975.

Extrait : "
Quand Kurko voulu prouver son adresse de flotteur de bois et courut sur la chaîne de rondins de la rive, il tomba dans le fleuve et manqua de se noyer, car il ne savait pas nager. Vatanen tira le vieillard ivre du fleuve glacé et le porta dans la tente. Au matin, l'homme rudement éprouvé s'éveilla le crâne emperlé de douleur, ouvrit la bouche pour laisser échapper une plainte. On constata alors que son dentier était tombé le soir précédent dans le fleuve. La vie est parfois bien déprimante."
p.115
- Par Julie, 3e D - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 9 mai 2009

Dans ce troisième tome, paru en France le 12/03/2009, Roran, le cousin d'Eragon, va devoir prouver son courage et son intelligence au combat. Pendant ce temps, Eragon ira chez les nains pour l'élection d'un nouveau roi,mais ce ne sera pas sans dangers pour le jeune dragonnier...

Extrait, format pdf


J'ai beaucoup aimé ce livre il recèle plein d'inattendus. Il suit parfaitement les deux premiers épisodes comme si ces trois tomes ne faisaient qu'un.
- Par Pierre-Louis, 5e A - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

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