Aller plus loin avec Lirélire


  en se laissant gagner par l'enthousiasme de

  Figaro et Rossini

si le coeur vous en dit...

 

Recherche

Catégories

  • A (8)
  • B (22)
  • C (23)
  • D (20)
  • E (2)
  • F (12)
  • G (20)
  • H (10)
  • I (2)
  • J (17)
  • K (4)
  • L (10)
  • M (26)
  • N (5)
  • O (6)
  • P (15)
  • Q (1)
  • R (14)
  • S (21)
  • T (10)
  • V (7)
  • W (10)
  • GESTION (3)

Images Aléatoires

  • renoir5.jpg

Syndication

  • Flux RSS des articles

Lirélire





Chacun à sa guise mais toujours avec élégance !
Envoyez-moi ici :  vos articles à publier ou dites-moi quand et où les trouver.

Index des livres présentés

Cliquez ici pour voir l'index des livres présentés sur Lirélire.

Un autre classement est également disponible ici :

http://aller-plus-loin.over-blog.com/pages/Annee_scolaire_20082009_le_point_sur_les_lectures-980882.html

Bien sûr, il reste encore de la place pour beaucoup de lectures et de commentaires !

Dimanche 8 novembre 2009
Voici un choix de quelques poèmes écrits en prose par Francis Ponge et publiés dans le recueil au titre éloquent Le Parti Pris des choses  (1942) : ils conjuguent avec une grande virtuosité poésie, sensations et émotions.

 

Le Pain

La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.

 

Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.

 

Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…

 

Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.


L'Huître

 

L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.

 

À l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en-dessus s'affaissent sur les cieux d'en-dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.

Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.



L'Orange

 

Comme dans l’éponge il y a dans l’orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l’épreuve de l’expression. Mais où l’éponge réussit toujours, l’orange jamais : car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l’écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d’ambre s’est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, - mais souvent aussi de la conscience amère d’une expulsion prématurée de pépins.

 

Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l’oppression ? – L’éponge n’est que muscle et se remplit de vent, d’eau propre où d’eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L’orange a meilleur goût, mais elle est trop passive, - et ce sacrifice odorant…c’est faire à l’oppresseur trop bon compte vraiment.

 

Mais ce n’est pas assez avoir dit de l’orange que d’avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l’air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l’accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte, et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s’ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l’ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l’avant - bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.

 

Et l’on demeure au reste sans paroles pour avouer l’admiration que mérite l’enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon – buvard humide dont l’épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.

 

Mais à la fin d’une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, - il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d’un minuscule citron, offre à l’extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l’intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C’est en lui que se retrouvent, après l’explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, - la dureté relative et la verdeur (non d’ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille : somme toute petite quoique avec certitude la raison d’être du fruit.

 

Les mûres


Aux buissons typographiques constitués par le poème sur une route qui ne mène hors des choses ni à l’esprit, certains fruits sont formés d’une agglomération de sphères qu’une goutte d’encre remplit.

  

Noirs, roses et kakis ensemble sur la grappe, ils offrent plutôt le spectacle d’une famille rogue à ses âges divers, qu’une tentation très vive à la cueillette.

Vue la disproportion des pépins à la pulpe les oiseaux les apprécient peu, si peu de chose au fond leur reste quand du bec à l’anus ils en sont traversés.

 

Mais le poète au cours de sa promenade professionnelle, en prend de la graine à raison :

« Ainsi donc, se dit-il, réussissent en grand nombre les efforts patients d’une fleur très fragile quoique par un rébarbatif enchevêtrement de ronces défendue. Sans beaucoup d’autres qualités, - mûres, parfaitement elles sont mûres – comme aussi ce poème est fait. »

Publié dans : P - Par Etlire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Vendredi 6 novembre 2009
L'Ile des lézards est le tome 5 de la série des Chevaliers d'Emeraude dont les tomes 1, 2 et 7 sont présentés sur ce blog par Pierre P dans ces articles :

Robillard A, Les chevaliers d'Emeraude, Le feu dans le ciel

Robillard A, Les chevaliers d'Emeraude, Les dragons de l'Empereur noir

Robillard Anne, Les chevaliers d'Emeraude, L'enlèvement


Dans ce tome 5, les chevaliers doivent défendre le continent d'Enkidev contre les soldats insectes de l'Empire Noir mais ils sont attaqués par des hommes-lézards qui enlèvent les femmes humaines.
Les chevaliers partent alors sur l'île des lézards pour récupérer les femmes et sauver les femmes-lézards puis ils rentrent aux château pour célébrer leur victoire.

Livre disponible au CDI, cote
R ROB
Publié dans : R - Par Laura B, 5e A
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Vendredi 30 octobre 2009
Jadis et Naguère

Art poétique




De la musique avant toute chose,

Et pour cela préfère l'Impair

Plus vague et plus soluble dans l'air,

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

[...]


Fêtes galantes

Colloque sentimental

 


Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,

Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,

Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne ?
- Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? - Non.

- Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C’est possible.


- Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !

- L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.






Poèmes Saturniens

Melancholia

Mon rêve familier





Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Romances sans paroles

Ariettes oubliées

Il pleure dans mon coeur...



Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;

Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s'ennuie

O le chant de la pluie!

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.

Quoi! Nulle trahison?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine!

 


Toute la poésie de Verlaine en ligne ici.
Publié dans : V - Par J Bicrel
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Vendredi 23 octobre 2009
Abécédaire proposé par Emilie et Sami de 4e F

Publication d'Emilie en attente

Publication de Sami :

M comme Mintz, la famille victime de M. N
N comme Noël, la période où se déroule l'histoire ou comme "Monsieur N" qui "n’avait pas été un criminel toute sa vie. La preuve il avait déjà neuf ans quand il tua pour la première fois. Bien entendu, à cette époque, il n’était pas encore monsieur N… Il était Léo, petit garçon qui passait ses étés chez Mémé et Pépé. » annonce la première phrase du roman.
O comme oublier et comme Odette qui a peur que le Père Noël les oublie mais  M. N ne les oublie pas, lui.
P comme Patel les voisins de Mintz  et comme physique car "à 13 ans il attrapa ce physique anodin très envié des cancres"
Q comme un quelconque citoyen
R comme rose comme "sa bouche rose dans son masque de laitue"
S comme sourit : Bébé Lou sourit.
Thor, le chien que M N a déjà tué
Z comme zèle car "elle dépensait tout son zèle à faire le croquemitaine"




Ce livre est disponible au CDI Cote RFER. La notice indique :

Résumé : Monsieur N. déteste les faibles, les étrangers et les Juifs. Un soir, il découvre dans sa boîte aux lettres une missive anonyme disant : "vous êtes coupable, nous possédons la preuve". Il est persuadé que quelqu'un l'a vu tuer son chien Thor et brûler le vieux Rémi, le clochard du coin...

Note de contenu : Un très bon roman où l'intensité croît au fil des pages, où l'humour a aussi sa place.

Genre : roman

Thème de fiction : suspense/racisme/peur/angoisse


Et découvrez ici deux inteviews de Malika Ferdjoukh par des collègiens.
Publié dans : F - Par 4e F
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés